DATACENTRE D’ART

Étienne Cliquet

? • © 2015

«Fondée en 1996, la Société des Arts Technologiques (SAT) est un organisme à but non lucratif reconnu internationalement pour son rôle actif et précurseur dans le développement de technologies immersives et de la réalité augmentée par l’utilisation créative des réseaux à très haut débit.

Avec sa double mission de centre d’artistes et de centre de recherche, la SAT a été créée pour soutenir une nouvelle génération de créateurs-chercheurs à l’ère du numérique.»

(SAT)

Emplacement de la salle des serveurs au sein de la SAT, dessin d’Étienne Cliquet, 2013.

Datacentre d’art

Ailleurs sur Internet

Presse
«Data centers, art around the bunker», Marie Lechner, Libération #10164, 19 janvier 2014, pages 42-45.
«L'art au datacenter», Pascal Boiron, MID e-news, 23 octobre 2014.

Data centers
Fullsave, Hébergeur et opérateur Télécom à Labège.
Le Colosse, supercalculateur de l’Université Laval, Québec.

Cartes d’Internet
Submarine Cable Map, Telegeography, 2014.
40 Maps That Explain The Internet, Timothy B. Lee, 2 juin 2014.

Rencontres
Conférence «Datacentre d’art» avec Hugues Brunel, Étienne Cliquet et Cécile Poblon, Librairie Ombres Blanches, samedi 22 mars 2014.

Trou noir

Visites de datacentres

Visite de la salle des serveurs d’une école supérieure d’ingénieur, Montréal.
Visite de la salle des serveurs d’un datacentre privé.
Visite de la salle des serveurs d’une université publique, Montréal.
Visite du Colosse, supercalculateur de l’université Laval, Québec.

Circuit béant

Études à la gouache

Études à la gouache pour Circuit Béant, 2013.

Trou noir

Trou noir et urinoir

Urinoirs de la SAT.

Un centre de données optimise en permanence sa capacité de stockage en repoussant continuellement les limites de la densité de l’information. En astrophysique, un trou noir est un corps extrêmement dense dont le champ gravitationnel forme une courbure de l’espace-temps si intense qu’elle empêche toute forme de matière ou de rayonnement de s’en échapper (cf. Wikipedia). L’un sauvegarde tout, l’autre anéantit tout. L’un comme l’autre échappe au regard. Dans un premier temps, j’ai cherché à représenter la courbure de l’espace-temps d’un trou noir à partir d’une feuille de papier pliée. Il s’agit d’une forme d’entonnoir dont on voit fréquemment le schéma dans les livres d’astrophysique comme celui de Jean-Pierre Luminet qui m’accompagnait lors de mon séjour à Montréal en 2011 (Le Destin de l'Univers I et II, éditions Fayard, 2006).

Puis j’ai découvert que la salle des serveurs est située de l’autre coté du mur où se trouve les toilettes. Qu’un espace d’art comme la Société des Arts Technologiques (SAT) cache sa salle de serveurs comme elle le fait avec ses toilettes m’a semblé très surprenant (de l’ordre du refoulé). On peut en déduire que la technique sans un certain habillage (design) est finalement perçue comme quelque chose de sale.

Circuit béant

Bord et milieu du Net

La forme de la carte découle de la manière dont a été mis à plat la surface terrestre, sa projection cartographique. Telle une orange qu’on aurait épluchée en un seul tenant, sa découpe suit le tracé des principaux câbles de fibre optique qui permettent à Internet de fonctionner. L’infrastructure d’Internet au lieu d’être représentée au centre de la carte se retrouve être le contour même de la carte, les bords du monde. Ce processus met l’Antarctique au centre comme espace le plus éloigné de toute connexion Internet. En revanche, les pays les mieux connectés comme l’Europe se retrouvent en marge de la carte et disloqués en petits bouts. C’est le cas de la France dont on a bien du mal à reconstituer la forme qu’on lui connait.

Le dessin de la carte a été généré par un programme informatique à partir d’un système d’information géographique (SIG) puis reproduit sur le mur avec un robot piloté par ordinateur sur le mur du datacentre de la société Fullsave à Labège avant d’être entièrement peint à la main. Le boîtier placé au milieu du mur est un thermomètre électronique. Il préexistait et nous l’avons intégré à la carte.

Placé dans un endroit sécurisé, cet atlas est paradoxalement inaccessible au public. Cette situation rappelle les peintures rupestres situées au fond des grottes dont les historiens savent aujourd’hui qu’elles n’étaient pas faites pour être vues (les personnes initiées venaient les peindre sur place à la lueur des lampes à huile). Comme les grottes, les datacentres sont des endroits fermés et frais. Ils pourraient bien être l’équivalent de nos musées ou de nos bibliothèques.

Circuit béant

FullSave, cloud régional

«Créé en Janvier 2004, FullSave était dans un premier temps spécialisé dans la sauvegarde en ligne.

Très rapidement nous nous sommes positionnés sur la région toulousaine comme partenaire de proximité pour les services en infrastructure d’hébergement et de télécoms. Ces deux métiers complémentaires nous permettent de proposer à nos clients un accompagnement au quotidien dans la gestion de leurs infrastructures.»

(Fullsave)